EL TANNIR Jean (B)

EL TANNIR Jean (B)

1963, Montegnée.

Depuis 1994, il fréquente les ateliers artistiques du Créahm Région Wallonne à Liège.
Acquisition dans la collection : 1992.

Après avoir suivi un enseignement spécial et une formation en menuiserie, Jean El Tannir décide d'intégrer les ateliers du Créahm. Son premier choix se porte sur l'atelier musical. Malgré son assiduité, il ne parvient pas à y faire éclore son talent. Un déclic se produit après avoir consulté le catalogue du Musée Royal d'Afrique Centrale de Tervueren. Tout s'éclaire. L'Afrique et les civilisations indiennes d'Amérique du Nord deviennent ses premières sources d'inspirations ; le modelage de la terre, son moyen d’expression. Par la suite, il choisit de s’inspirer d’autres modèles – notamment en 2001 des sculptures publiques de Mady Andrien – et affine sa technique. En 2002, sous l'impulsion de la photographe Muriel Thies, il s'essaie à l'acte photographique, dans le cadre de la troisième Biennale de la photographie et des arts visuels de Liège.
Dans un premier temps, pour créer ses idoles de terre, Jean El Tannir procède par ré-interprétation personnelle d'œuvres issues de civilisations africaines. Ainsi, il pose un regard neuf sur la statuaire Tschokwe, Pende ou Luba… Sa référence demeure parfois identifiable. El Tannir procède par assemblage de boudins de terres de différentes dimensions et de différentes couleurs. Sa maîtrise technique autorise un rendu jouant sur les formes et les gammes chromatiques de terres choisies. Au fil du temps et de la confiance acquise dans son travail, l'artiste enrichit ses créations modelées de nouveaux éléments. Sont ainsi apparus des symboles graphiques, incisions de la matière, renvoyant à une forme d'écriture primitive. Les traits incisés composent un langage compris de lui seul. Mais El Tannir joue aussi sur les associations de couleurs ; la découverte des engobes est pour lui une révélation. Travaillant durant une période sur l'image de la femme, il choisit d'en exacerber les attributs. Cette obsession pour le caractère féminin se manifeste parfois dans des œuvres mettant en scène des déesses, dotées d'innombrables mamelles, rappelant l'iconographie traditionnelle d'Artémis d'Ephèse.