GONZALEZ Manuel (E)

GONZALEZ Manuel (E)

1966, Gondomar Pontevedra.

Depuis 1994 , il fréquente, avec quelques interruptions, les ateliers arts plastiques du Créahm à Bruxelles.
Acquisition dans la collection : 2008.

D'origine espagnole, Manuel Gonzalez est d'un naturel volubile et ne tient pas en place. Il incarne un peu l'archétype de l'artiste tourmenté, très nerveux, fumant beaucoup entre deux tasses de café – un thermos de décaféiné est toujours à sa disposition dans l'atelier. Son agitation transparaît dans son œuvre habitée de véhicules de transports, de femmes aux attributs souvent soulignés, et de lettrages hispaniques animant l'ensemble de ses compositions. Son obsession pour l'écrit prend parfois le pas sur son besoin de représenter la femme. Manuel Gonzalez noircit alors des toiles entières de son écriture énergique.
Manuel Gonzales ou le portraitiste de la gent féminine… D'inspiration, il croque sur le support sa vision personnelle des dames qui l'entourent : sa mère, les animatrices de son centre ou du Créahm. Tout commence par le tracé de leurs silhouettes, directement à la peinture noire, déterminant un large cerne. Dans les zones délimitées, l'artiste applique ensuite de généreuses couches d'acrylique de couleurs vives, sans pour autant manquer d'intérêt pour le choix de sa tonalité. Une certaine unicité règne sur sa galerie de Vénus : le plus souvent largement dévêtues, voir nues, elles arborent un regard hypnotique bordé d'épais cils noirs rayonnants. Comme pour contrebalancer la raideur corporelle de son harem, Gonzalez les pare d'accessoires strictement liés à leur condition féminine. De longues chevelures souvent tressées, des boucles d'oreilles balançant élégamment le long du cou, des gants ou encore escarpins à hauts talons constituent leurs panoplies. Manuel Gonzalez applique violemment sa matière ; il tire également un plaisir obsessionnel à entourer ses modèles d'un magma enchevêtré de lettres ou de chiffres, presque illisibles tant ils se superposent. Et dans cette écriture vive, qui dynamise sans conteste ses créations, on parvient à peine à déchiffrer le terme « Espana » qui revient inlassablement d'œuvre en œuvre comme une litanie lancinante, nous rappelant qui il est.