MACKINTOSH Dwight (US)

MACKINTOSH Dwight (USA)

1906, Hayward /1999, Berkeley.

De 1978 à 1999, il fréquente l'atelier artistique Creative Growth Art Center à Oakland.
Acquisition dans la collection : 1992.

Originaire d'un milieu modeste, Dwight Mackintosh passe plus de la moitié de sa vie dans des hôpitaux et des institutions psychiatriques. L'expérience de la vie extérieure lui est permise alors qu'il est âgé de septante-deux ans. Ne disposant pas de préparation et de repères pour affronter celle-ci, il est orienté vers le Creative Growth Art Center. Par la suite, emmuré dans son propre isolement, il n'a de cesse de créer, intensément et frénétiquement. Pour Dwight Mackintosh, dessiner est un besoin vital, son seul moyen d'extériorisation au vu de ses capacités de langage limitées. Très concentré, il peut rester appliqué à sa tâche pendant des heures, s'assoupir sur son dessin et le reprendre avec ardeur à son réveil. Mais une fois l’œuvre terminée, il ne lui accorde plus d'importance. Il travaille avec acharnement, principalement à la pointe bic, et rehausse parfois son dessin initial de quelques touches de couleurs. Reconnu comme une figure de proue de l’art brut, un classique, Dwight Mackintosh bénéficie d’une exposition rétrospective en 1992 à la Collection de l’art brut à Lausanne. Son œuvre, diffusée dans de nombreuses expositions d’envergure tant aux Etats-Unis qu'en Europe, fait partie de prestigieuses collections d'art brut et d'art outsider.

Son dessin est convulsif : au moyen de cette ligne qu’il affectionne tant, de mouvements circulaires répétés, il engendre des figures graphiques denses, débordantes de détails. Son trait, en s'emmêlant et en se superposant, produit la vibration étourdissante de ses sujets. L'auteur assortit souvent, dans la partie supérieure de ses dessins, des lignes d'écritures aux mots ndéchiffrables, calligraphie au rythme lancinant, éléments formels tout aussi hypnotiques que son trait. Dwight Mackintosh dresse un inventaire de personnages masculins, figurés seuls ou en groupe, exhibant d'énormes pénis en érection ou présentant des anomalies anatomiques, comme des mains à dix doigts. Fondamental dans l'œuvre de l'auteur, ce sujet, bien que répété à l'envi, n'est jamais monotone mais au contraire toujours élaboré avec une expressivité singulière. Occasionnellement, dans son abondante production, se trouvent également des animaux imaginaires, des bus ou des voitures, des architectures et quelques rares personnages féminins à la longue chevelure. Est-ce pour atteindre l'essence même de son sujet que l'auteur use de la transparence pour évoquer « l'intérieur » de ses personnages ou de ses véhicules comme s'il voulait reconstruire leurs structures internes ? La composition du visage, et particulièrement le traitement des yeux, sont les vecteurs essentiels au ressenti émotionnel de ses oeuvres. La liberté créatrice, la spontanéité, la sensation d'urgence significative dans l'œuvre de Dwight Mackintosh s'associent à un sentiment de confusion et l'impression d'une recherche désespérée d'un idéal impossible.